Formation et influences
 

            Natif de Marseille, Claude Micheli y a suivi l’enseignement de l’école des Beaux-Arts, complétant sa formation en autodidacte et par des contacts avec d’autres artistes, à Marseille puis à Paris.
 
            L’influence des maîtres classiques reste perceptible dans la plupart de ses œuvres, notamment les Italiens du 16ème siècle. On décèle en effet dans ses peintures à l’huile et même dans ses pastels des vibrations d’ombre et de lumière rappelant les contrastes à la fois violents et veloutés du Caravage, ou le sfumato de Léonard de Vinci… La recherche du modelé, notamment dans ses dessins et ses œuvres de jeunesse doit probablement de sa force à Michel-Ange.
Les romantiques comme Caspar David Friedrich ou le Russe Aivazowski ont également laissé leur empreinte dans son inspiration, mais la place de la Nature procède chez Micheli d’avantage de la pensée orientale : le caractère éphémère de toute vie ou de tout objet sert de révélateur au cycle continu de la vie cosmique. La recherche du Vrai, en tant que vérité à la fois intime et universelle, prime sur la recherche du Beau, celui-ci n’étant que l’aboutissement de toute méditation.
Ainsi la facture de certaines œuvres, qui peuvent rappeler l’hyperréalisme, est plutôt à envisager comme le temps patient de la méditation, l’accès à l’universel par l’étude de la vérité du détail.
            Parmi les auteurs plus contemporains qui ont marqué Claude Micheli, citons Jackson Pollock, dont il retient les taches jetées au hasard comme autant de traces constitutives de la vie ; Francis Bacon, dont les visages transformés, en voie d’effacement évoquent le travail de Micheli, qui à l’inverse vise la reconstitution du visage humain à partir de matière brute, dont il extrait la vivante corporéité (cf. dessins à la plume de vieux colombages, pastels de branches). Ces apparitions/disparitions du corps humain dans un certain climat d’étrangeté ne sont pas non plus sans rappeler Dado. De ces deux peintres, Micheli adopte aussi volontiers la facture parfaitement maîtrisée, dont l’apparent académisme renforce l’effet de surprise.